mercredi 24 décembre 2008

La théorie du chaos et la Mauritanie

Depuis le fameux coup d’état sur l’ex président son excellence Maouiya Ould Sidi Ahmed Taya, la Mauritanie a vécu des bouleversements sur l’échelle politique,économique etc… :le chaos.
Deux ans ou 19 mois de transition, 19 candidats pour la présidentielle 2007, tous ses événements chaotiques n’ont-ils pas une coîncidance ?
Un autre coup d’état vient de se reproduire cette année. Et la cible était SIDIOCA.

Depuis longtemps le chaos est synonyme de désordre, de confusion et s’oppose à l’ordre et à la méthode. Nietzsche sera un des premiers penseurs à réhabiliter la notion de désordre. De nombreux chercheurs en sciences dites « dures » se sont intéressés aux mouvements dit chaotiques. Ils ont confirmé que, contrairement à ce que la pensée déterministe, paradigme dominant actuellement, martèle depuis des lustres, il se pourrait qu’il y ait de l’équilibre dans le déséquilibre, de l'organisation dans la désorganisation. Pour définir ce à quoi fait référence la théorie du chaos, je me devais de faire un petit détour historique et de décrire rapidement quels étaient les concepts en lien avec cette théorie.
Ces concepts sont issus des sciences que nous qualifierons de "dures" telles que les mathématiques, la physique, et ont ensuite été appliqués à des phénomènes sociaux.
C'est pourquoi, je me suis tout d'abord tournée vers la physique, pour comprendre ce qu'était ce chaos ; ayant pour objectif de comprendre comment ces concepts pourraient, à terme, être appliqués aux Sciences Humaines ou sciences "molles".

ENTRE DETERMINISME ET HASARD:

Selon Ilya Prigogine (1996, 213), la vision classique du monde consiste en "deux représentations aliénantes, celle d’un monde déterministe et celle d’un monde arbitraire soumis au seul hasard.".
La vision déterministe s’appuie sur des scientifiques comme Newton ou Laplace qui considéraient que les systèmes faisant intervenir un très grand nombre d'éléments, également appelés systèmes complexes, étaient impossibles à connaître. De ce fait il était également difficilement concevable de prévoir comment ce type de système pouvait évoluer. D'après la conception déterministe " tout le futur est (...) entièrement contenu, déterminé par le présent : connaissant les lois du mouvement et les conditions initiales, nous déterminons avec certitude le mouvement futur pour un avenir aussi lointain que nous le souhaitons. " Ce qui signifie qu'en ayant une parfaite connaissance de tous les éléments constitutifs, toutes les relations existantes dans un système, il serait possible de prévoir l’évolution de ce dernier.
Donc, s'approprier le " présent " d’un système permettrait non seulement de connaître son passé et mais également de se projeter dans son futur ; nous sommes ici dans une relation de causalité. C'est ce que qu’affirmait Laplace lorsqu’il écrivait : "nous devons donc envisager l’état présent de l’univers comme l’effet de son état antérieur et comme cause de celui qui va suivre".
La vision de l'arbitraire et du hasard est, quant à elle, issue du fait que seuls les systèmes complexes, composés d’un trop grand nombre d’éléments, (donc qu’on ne pouvait connaître voire comprendre) n’entraient pas dans cette première conception déterministe. Ces systèmes se révélaient comme soumis au hasard et correspondant au chaos. Un exemple très simple de ce type de système chaotique, est celui du tirage du Loto national, qui scientifiquement se rapporte au mouvement Brownien. On peut considérer cet exemple du loto comme un hasard lié à un phénomène de grands nombres, car dans ce cas précis, le prochain tirage des numéros gagnants ne peut être déduit de la connaissance des tirages précédents. Il n'y a, là, pas de prédictions possibles. Ce qui fait dire à P. Berger que " la notion de hasard est étroitement liée à celle d’imprédictibilité." Ceci signifie bien que quelle que soit la connaissance qu’on ait du passé et du présent d’un système, il est impossible de savoir qu’elle sera son évolution.
Pour I. Prigogine il existerait quelque chose d’autre, que les lois et le hasard, qui pourrait " s’intercaler " entre ces deux conceptions.
Ce "quelque chose d'autre" va émerger d’une faille interne au déterminisme, faille qui pourrait annoncer la fin du règne de ce paradigme dominant.
Si l’on reprend l’exemple de Newton et du concept de l’attraction universelle, on peut constater que ce dernier n’a pris en compte que l’interaction entre le soleil et une planète pour calculer les orbites des planètes, négligeant l'attraction des planètes entre elles.
Newton se limitait donc à deux corps en interaction. Cette conception ne fut remise en question qu’à la fin du siècle dernier par H. Poincaré. Ce dernier démontra que trois corps en interaction pouvaient impliquer des comportements s’apparentant au hasard.
Or les comportements liés au hasard étaient jusqu'à ce moment liés à un phénomène de grands nombres... H. Poincaré va remettre en cause ce présupposé en définissant ce qu'il appellera par la suite " sensibilité critique aux conditions initiales".
Cette découverte est un des fondements de la théorie du Chaos, dont l’un des exemples le plus célèbre est celui de " l’effet papillon " de Lorentz .
Pour la petite histoire, " L’effet papillon " veut qu’une perturbation minime telle qu’un battement d’aile de papillon puisse, après un long moment, par amplification exponentielle déclencher un cyclone.
Cet exemple illustre bien ce que sous-entend la théorie du chaos : un non-sens de la prédiction à long terme, dû à l’impossibilité de contrôler toutes les perturbations pouvant exister au niveau de nombreux systèmes et de leur environnement.
Ceci implique une perte de certitude et une certaine impuissance des chercheurs face à ces phénomènes. Quoi de plus angoissant que cette dissonance cognitive, provoquée par une absence de certitude, qui se révèle difficile voire impossible à gérer psychologiquement. Cela expliquerait-il la difficulté qu'aurait l'individu à accepter ce nouveau point de vue ?
La réponse de I. Prigogine (1995) est pourtant claire : " la certitude n’a jamais fait partie de notre vie. Je ne sais pas ce que sera demain. Pourquoi penser que la certitude est la condition même de la science ? (...) La science traditionnelle identifiait raison et certitude, et ignorance et probabilité. Il n’en est plus ainsi aujourd’hui. "

EQUILIBRE VERSUS NON-EQUILIBRE ?

Dès 1945, I. Prigogine s’est intéressé au fait que le non-équilibre pouvait jouer un rôle organisateur. Il a distingué deux étapes dans cette démonstration, la première étape faisant référence à l’équilibre et la seconde au non-équilibre.
Du 19éme siècle au 20éme, les scientifiques s’intéressaient à l’équilibre, puis aux états proches de l’équilibre car " on avait tendance à croire que l’évolution vers l’équilibre était synonyme de perte d’information, d’une uniformisation du système. Or dés que l’on s’éloigne un tant soi peu de l’équilibre, on assiste à la coexistence de phénomènes d’ordre et de désordre."
La seconde étape fait, elle, référence au " non-équilibre ". Selon I. Prigogine, "s’éloigner de l’équilibre réserve des surprises". En effet, " il est impossible de prolonger ce que l’on a appris de l’équilibre, on découvre ainsi de nouvelles situations, parfois plus organisées qu’à l’équilibre. Cela se produit en des points particuliers, qui correspondent à des changements de phases de non-équilibre, ce que j’appelle des points de bifurcation. ".
Ce point de bifurcation, ce changement " de cap ", peut être provoqué par une succession d’événements. Ceux-ci, en atteignant un point critique, font prendre des proportions gigantesques à une petite perturbation et rendent impossible toute prédiction quant à l'évolution du système.
Le non-équilibre aboutit à une nouvelle cohérence, un nouvel état avec des propriétés nouvelles.
Le système transforme lui-même ses relations et crée ainsi de nouvelles propriétés lui permettant de réguler son état.
C’est ainsi que l’on peut considérer ces systèmes comme capable de s’auto-organiser. La théorie du chaos aurait donc en son sein cette capacité d’auto-organisation ?
Ainsi " de même que l’excédant d’ordre engendre désordre et cacophonie, la théorie du chaos nous enseigne qu’il contient en lui-même ses propres facteurs d’équilibre et d’ordre." (R. Vaillancourt)
Alors de l'ordre dans le désordre ?


Est-ce que Son excellence Maouiya ould Sidi Ahmed Taya voulait laisser le pouvoir par sa volonté ?
Pourquoi pas, le pilote de l’avion a confirmé sur la chaîne aljazeera que son excellence n’était pas étonné lorsqu’il lui a annoncé qu’il y’a un coup d’état au pays des almoravides

Est-ce que son Excellence Sidi Ould Cheikh Abdellahi ne fait pas partie des pièces du PUZZLE ?

Un jour les pièces du Puzzle vont se regrouper et nous allons apercevoir l’image en toute netteté.

Du désordre nous arrivons à l’ordre. C’est ça la théorie du chaos.

Moustapha dit Addy ould Yacoub-Etudiant à l’ISG de Tunis.

1 commentaire:

ʁᵎᵚᵒ a dit…

salut ,


bon texte

allez un peu de critique :

le centre d'un groupe est le bel exemple d'un désordre contenant de l'ordre , ici l'ordre étant la commutativité .

Ainsi on trouve un système désordonné juste par ce qu'il y a un seul élément qui ne suit pas la règle .



sur les notion de temps en analyse infinitésimale , on crée un système d'éléments (équation "sauvage") .

puis on se dit comment va t-on trouver une solution pour satisfaire tout le monde .

il se trouve que les transformées inverses de Laplace soient un moyen brutal et efficace .

une fois appliquées , on sort de l'époque du système pour trouver une solution (moins dure ) puis on se ramène "au présent" en ré appliquant ces dites transformées aux premiers résultats pour retrouver la solution finale du système .

aussi sur la notion de degrés d'extension , on montre que tel élément n'est pas dans le sous-corps en question en introduisant la notion de polynôme minimal .

C'est efficace pour une poche de solutions potentielles .
en quelque sorte on construit un pont virtuel entre notre espace et un autre plus grand .

seuls les éléments n'appartenant pas à notre espace y peuvent évoluer jusqu'à cette extension .


ps :

j'ai vu le film TRAITOR , bon il faut souligner que c'est dans la lignée du cinéma terroriste .
Donc rien de nouveau , des américains qui voyagent au moyen orient pour empêcher des attentats (le dernier de jamie foxx est bien)


en fait c'était à la fin du film que les deux se retrouvent pour tenir cette conversation .




@+